UVB-76 : Le bourdonnement venu de l’Est
Quand 4625 kHz nous empêche toujours de dormir la nuit.
Une bizarrerie radio qui refuse de se taire
Si vous passez un peu de temps à écumer les bandes courtes, il y a fort à parier que vous soyez déjà tombé sur un buzz sourd, continu, obstiné, émis jour et nuit sur 4625 kHz. Bienvenue sur UVB-76, ou plus simplement « The Buzzer » pour les habitués.
Depuis la fin des années 70, cette station russe émet sans relâche un signal monotone, avec de rares interruptions vocales russes. Souvent faites de combinaisons aléatoires de lettres, de chiffres et de noms, le tout sans explication. Et ça, pour un radioamateur, c’est comme laisser un oscillateur allumé en pleine nuit : ça titille la curiosité.
Voici un extrait :
2010 : quand le buzzer tousse
L’année 2010 fut un tournant pour les veilleurs de fréquences. Plusieurs anomalies inédites ont été captées, dont voici les plus croustillantes :
- Juin : plusieurs interruptions du signal, une rareté qui agite toute la communauté HF.
- Août : au lieu du bourdonnement, c’est le Lac des Cygnes qui s’invite sur 4625 kHz. Oui, Tchaïkovski en pleine bande militaire !
- Septembre : silence radio. Littéralement. Le buzzer s’éteint quelques heures.
- 11 novembre : un OM (radioamateur) chanceux capte des sons parasites : clics, bruits de fond, et même des fragments de conversations téléphoniques internes. On suppose qu’un micro est resté ouvert par erreur. Confirmation, s’il en fallait, que des humains sont bien derrière le rideau de bruit.
Les premiers relevés sérieux confirme l’origine du signal d’UVB-76 capté dans les environs de Povarovo, une base militaire située au nord-ouest de Moscou. Un groupe d’explorateurs urbains a, au cours d’une expédition dans cette zone déserte, découvert l’entrée d’un bunker.

À l’intérieur, de nombreuses pièces délabrées, des installations de télécommunications, des machines à l’arrêt ainsi qu’un dossier (logbook) qui se trouve être un journal qui recense l’intégralité de l’activité d’UVB-76.
Lien de téléchargement du logbook



À quoi peut bien servir un buzz permanent ?
Plusieurs théories circulent, certaines plausibles, d’autres plus… exotiques :
1. Transmission militaire codée
UVB-76 pourrait envoyer des ordres chiffrés à des unités dormantes. Le signal constant agirait comme un « battement de cœur ». S’il s’arrête : alerte.
2. Le mythe du système Dead Hand
Selon certains (dont mon ami RZ9TUX), UVB-76 ferait partie du Système Périmètre (Периметр), surnommé « Main Morte » : un système de riposte nucléaire automatique lancé en 1985 par les soviétiques et qui serait peut-être encore actif dans la Russie contemporaine. Tant que le Buzzer sonne, tout va bien…
3. Occupation de fréquence
Une explication moins romantique : UVB-76 occupe simplement une fréquence pour éviter qu’elle ne soit squattée. Du spam radio en quelque sorte.
4. Surveillance ionosphérique
Certains pensent que ces émissions servent à surveiller la résonance ionosphérique ou les perturbations électromagnétiques liées à des essais nucléaires. Un domaine complexe, pas fun, mais techniquement crédible.
L’ombre de l’armée russe derrière les harmoniques
UVB-76 ne joue pas dans la même cour que les stations météo ou aéronautiques. Tout dans sa configuration crie militaire :
- Modulation AM avec bande latérale unique (USB)
- Fréquence fixe dans la bande HF (ondes courtes)
- 25 bourdonnements par minute, bien réguliers comme un métronome soviétique.
- Rapport d’activités (daté entre octobre et décembre 2005)


comme un journal d’activités d’UVB-76 datant d’octobre à décembre 2005.
L’énigme reste entière
À l’heure où j’écris ces lignes, UVB-76 est toujours là. Toujours sur 4625 kHz. Toujours fidèle au poste, avec ses buzz, ses silences, ses bizarreries ponctuelles.
Aucun gouvernement ne l’a jamais officiellement reconnue. Aucun opérateur n’a levé le voile.
Et c’est précisément ce mystère qui la rend aussi fascinante à écouter.Alors, si un soir vous laissez votre récepteur tourner en fond, que le son monte doucement dans le haut-parleur… peut-être que vous tomberez, vous aussi, sur The Buzzer. Et là, croyez-moi, vous ne regarderez plus les ondes courtes de la même faço
À l’écoute des fréquences, 73.